Scènes de vie en Champagne dans le vignoble confiné

Par Rédaction La Marne Agricole, le 23/04/2020 (mis à jour le 24/04/2020 à 09:27)
Scènes de vie en Champagne dans le vignoble confinéAvec un travail au grand air, le travail de la vigne se poursuit durant la période de confinement. Les « petites mains du vignoble » se voient et se saluent de loin en se concentrant sur leur activité afin de préparer la vendange 2020.
  • Vincent de Vulliod poursuit son travail sur l’exploitation de Cumières. © D.R.
  • Le confinement n’a pas entamé la bonne humeur d’Alexandra Iun et sa chienne. © D.R.
  • Bertrand Agutte veille sur ses 17,45 ares en songeant à ses projets d‘avenir. © D.R.
Avec un travail au grand air, le travail de la vigne se poursuit durant la période de confinement. Les « petites mains du vignoble » se voient et se saluent de loin en se concentrant sur leur activité afin de préparer la vendange 2020.
 

«  La vigne n’attend pas !  » La phrase est récurrente chez ceux qui doivent œuvrer au quotidien dans le vignoble. Voici quelques témoignages qui reflètent le travail des professionnels de la vigne durant la période de confinement sanitaire.
À Vertus, Alexandra Iun travaille dans les vignes à la tâche. Selon elle, le confinement n’a pas changé grand-chose à son activité au quotidien dans des parcelles de Bergères-les-Vertus. «  Je vois les autres ouvriers de loin. Moi, je suis tranquille dans les galipes avec pour seule compagne ma chienne, qui vient de temps en temps m’apporter un gros caillou pour jouer… »
La jeune femme a particulièrement fait attention au confinement du fait de son asthme. «  Je suis une personne à risque, donc je respecte les règles  ».
Unique bémol à la situation, avant la mise en place du confinement, certaines personnes lui ont fait des remarques déplacées du fait de ses origines asiatiques. « Il y a vraiment des idiots… La seule fois que je suis allée en Chine, j’avais 18 mois ! »
Les préjugés à son égard sont donc parfaitement infondés, voire ineptes. Ce qui, au final, ne gêne pas vraiment Alexandra dans son quotidien de maman célibataire, dynamique, et bien dans ses baskets.

Au rythme de la nature

Au Mesnil-sur-Oger, Bertrand Agutte n’exploite qu’une petite surface de vignes (17,45 ares), dont il livre les raisins à l’UPCB, une coopérative du village. Il apporte également de façon ponctuelle son aide pour œuvrer sur des parcelles de sa famille.

« Cela ne fait que sept ans que je suis revenu dans la Côte des Blancs, et j’ai pris goût au travail des vignes  », explique l’ancien passionné d’équitation.
« Actuellement, j’en suis à l’épandage de l’engrais sous forme de granulés. Une version plutôt basique. J’ai opté pour un enherbement naturel de mes vignes. Je travaille le sol, je n’utilise pas de désherbant avec des produits phytosanitaires ».
Malgré tout, il vit bien le confinement. « J’ai la chance d’être dehors pour travailler. Et puis, en règle générale, je suis un peu « ours ». De plus, j’habite une maison de famille où il y a toujours quelque chose à faire, qu’il s’agisse de s’occuper du parc, des arbres fruitiers, etc. En fait, je dois dire que cela ne change guère mon rythme habituel, sauf que je ne vois personne en dehors du boulot. Je me contente d’une sortie par semaine pour faire des courses. Quant aux autres viticulteurs que je peux apercevoir, on se salue de loin, les gens travaillent plutôt bien en se conformant aux consignes et en se basant finalement sur le rythme de la nature ».
Bertrand Agutte officie également au sein de la coopérative de l’UPR. Mais bien entendu, pour le moment, avec le confinement, son activité est en stand-by. En général, il est présent environ cinq mois par an à la coopérative, ce qui représente un parfait complément à son activité professionnelle.
Depuis peu, il s’est lancé un nouveau défi, par le biais de dégustations et de ventes de champagnes. Il s’agit pour lui d’une troisième mouvance pour compléter les moments d’inactivité, et surtout pour donner libre cours à son goût pour le roi des vins.

En avance

À Cumières, sur les terres de l’exploitation de Florence Duchêne, les choses se passent plutôt bien, comme le confie Vincent de Vulliod, l’époux de la propriétaire.

« Pour nous, le travail se poursuit tranquillement en effectif restreint. J’emploie un jeune retraité qui a préféré se mettre en arrêt le temps du confinement. On avait de l’avance cette année sur nos travaux viticoles. On a fini la taille fin février, du coup on avait terminé de lier début mars. Donc au début du confinement, il nous restait les travaux mécaniques (broyage, engrais). Et maintenant ; on chouchoute nos plantations de l’année dernière le temps que ça pousse ! On s’occupe de la confusion sexuelle et on entreplante ».
Bien entendu, le vigneron respecte les consignes de sécurité et les gestes barrières. «  Un mètre, et toutes les recommandations ! Cela fait quand même bizarre. On se croirait tous des pestiférés, c’est étrange quand on voit des voisins de vigne… » Mais le moral est au beau fixe, d’autant plus que la famille vient de connaître une naissance. Félicitations !


Sasha Terguev


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